A la recherche de l’hippocampe perdu : résumé du week-end de l’Ascension 2014 à
Arcachon !
Après quelques heures de route, au final plutôt sereines, malgré la promesse d’un week-end surchargé sur les routes de France (Messire Bison futé pense très souvent que la circulation parisienne est représentative du reste du pays), nous arrivons de nuit en terre promise : le bassin d’Arcachon ! Bien que l’on dérange Freddy dans un apéro bien mérité, il a la gentillesse de venir nous chercher à l’entrée du camping où les véhicules n’ont plus le droit d’accéder après 22h00. Après installation et apéro d’usage, c’est la tête pleine d’hippocampes que nous allons nous coucher. Le réveil se révèle idyllique : arrivée dans la pénombre, nous ne pouvions que deviner la vue de notre terrasse sur le bassin d’Arcachon. Et quelle vue ! La proximité avec la plage est unique et nous pouvons observer les quelques bateaux ancrés dans une petite crique du bassin. En cherchant un peu, on devine au loin la fameuse dune du Pyla, plus haute colline sableuse d’Europe. La journée s’annonce sympathique. Rendez-vous est donné au centre de plongée Hippo, où nous attend le chaleureux et souriant DP de nos plongées futures : Franck !
Ce matin le programme nous amène direction le site d’Hortense. Après le briefing avant mise à l’eau, c’est avec une pointe de déception que je comprends que ce n’est pas ici que nous pourrons voir nos fameux destriers de la mer. Il faudra, pour avoir une chance de les observer, participer à une des plongées bio de l’après-midi. Tant pis, il suffira de bousculer un peu le programme. En binôme avec mon colocataire de mobile-home, Freddy, nous nous dirigeons vers les profondeurs du bassin. En bas, le dépaysement n’est pas total, par bien des côtés, cela pourrait rappeler les belles plongées de Bretagne. Les anémones de toutes couleurs égayent la balade, entre chaque rencontre avec un congre ou une araignée de mer. Après une remontée un peu plus tôt que ne l’aurait espéré mon partenaire, la faute à mes trop gros poumons, nous rejoignons l’embarcation où nous attend l’enthousiaste autochtone.
« Alors, c’était bien ?
– Oui, dis-je poliment. » Mais je suis toujours déçu de ne pas avoir eu le droit à une
rencontre rapide avec nos amis hippocampes.
Je ne suis pas inscrit à la plongée bio de l’après-midi, et j’attends avec impatience le retour des camarades qui y ont participé. Ils sont enthousiastes, ils ont eu la chance d’observer les fameux petits habitants sous-marins du bassin. Peu importe, je les verrais le lendemain.
Enfin, la plongée bio suivante arrive. J’ai hâte d’y aller et de rencontrer Monsieur ou Madame Hippocampus Hippocampus guttulatus, ou hippocampe moucheté, le plus grand, ou son cousin plus petit et plus rare, Hippocampus hippocampus . D’autant que Franck nous met l’eau à la bouche en nous annonçant que la saison des amours a déjà commencée. Il nous explique que cet animal est fidèle toute sa vie, et que si l’on a la chance d’en voir un, sa moitié n’est sûrement pas loin. Fait rare dans la nature, l’hippocampe est un mari compréhensif et un bon papa, car il participe au développement des petits. En effet, après que la femelle ait lâché les alevins, ils sont recueillis par le géniteur dans une poche prévue à cet effet. Ils ne prendront leur liberté que lorsqu’ils auront une taille correcte. (C’était le moment bio, pour faire plaisir à Marie)
Le moment de la mise à l’eau est arrivé. Je suis concentré et me sur-leste un peu, car nous savons que toute la plongée se fera une eau peu profonde. Avec mes partenaires d’une plongée, Danièle et Jean-Christophe, nous nous immergeons en essayant de suivre les indications fournies. Nous zigzaguons entre les parcs à huîtres et les herbiers où nous sommes sensés croiser le Graal. Nous tournons, à l’affût de la moindre petite queue préhensile ou du moindre museau en trompette. Je lutte avec moi-même pour ne pas percer l’eau, car nous naviguons entre 2 et 3 mètres de profondeur. Mais toujours rien, la petite bête se fait désirer. Les prérogatives données nous permettent de rester jusqu’à 45 minutes dans l’eau, et voilà que 40 minutes s’affichent à mon ordinateur et toujours rien. Je trépigne et j’enrage, car je sais que c’est la seule plongée bio que je ferais !
Et là, enfin, tel un prince (ou une princesse), le voici. Danièle me montre l’objet de tous les désirs, le trésor du bassin d’Arcachon. Dans l’euphorie, j’en perds mes moyens et ma stabilité. De peur de gêner mes camardes de mes coups de palme qui soulèvent le sable, je préfère m’éloigner quelques secondes pour me reprendre avant de revenir le voir. Il est beau, bien plus long que je ne pensais. Il est si gracieux et paisible, naviguant dans ses herbes à la recherche de planctons. Je cherche sa partenaire, mais ne la trouve pas, ils savent bien se camoufler de leur couleur verte. Hélas, il est temps de remonter, déçu de ne pas avoir pu profiter plus de lui, mais tout de même satisfait de cette jolie rencontre. De retour sur le bateau, d’autres palanquées nous rassurent, ils n’en ont pas vu plus que nous. Jusqu’à ce que Marco, Lydie et Pascale reviennent parmi nous, triomphants et plus que rassasiés de chevaux de mer.
Ils ont même l’audace de nous dire qu’à la fin ils ne les regardaient même plus tant il y en avait. J’enrage de ne pas être parti dans la même direction qu’eux… La plongée est parfois injuste.
Le soir, hélas, c’est un peu compliqué. Les camarades camping-caristes sont bien loin de nous. Il faut presque prendre rendez-vous pour espérer se retrouver autour d’un verre. Chacun mange de son côté, et moi, je ne pense déjà qu’à la plongée profonde du lendemain, sur l’épave appelée « le chariot ».
Le réveil est matinal, mais pas trop. Le temps est parfait, et le vent calme. Par précaution, car nous savons déjà que le trajet en bateau durera une heure environ, j’ingurgite mon petit mer-calme, juste au cas où. Avec Mathieu, c’est notre première plongée profonde depuis le N 2. J’ai une pensée sincère pour notre copain de formation Pierre qui n’a pas encore le droit de venir avec nous. Mais je sais que son tour viendra bientôt. Je suis bien plus impatient qu’inquiet. La ballade pour se rendre sur le spot est magnifique, nous avons la chance d’observer la dune du Pyla sous un autre angle, vue de la mer et d’en bas. La veille, nous avions fait la petite marche pour la gravir, et avions essayé de deviner où se trouvait le chariot.
Arrivés sur place, j’ai hâte de me mettre à l’eau avant que le mal de mer ne me prenne en traître, pour le moment tout va bien. Franck nous explique que l’épave se trouve à 30 mètres environ et que c’est un ancien engin de construction assez immense, qui s’est retrouvé par accident au fond de l’eau. Enfin, la descente commence avec Marco.
Le courant n’est pas trop fort, et nous suivons facilement le fil d’Ariane qui a été mis en place afin de bien tomber sur l’épave. C’est avec plaisir que nous nous rendons compte qu’arrivés à 10-15 mètres, nous pouvons déjà observer le fond. La visibilité est parfaite et nous devinons déjà les contours impressionnants de l’engin. Arrivés sur place, c’est un festival de vie. C’est tout simplement magnifique. Je n’imaginais ce genre de plongée que sous les tropiques, médisant que j’étais. Les poissons fusent de toutes parts, dans chaque trou se cache un congre, du plus petit au plus gros, dont la tête était plus grosse que la mienne. Parfois, ils sont accompagnés de homards ou d’araignées. Les anémones sont partout. Chaque recoin nous révèle une nouvelle beauté. L’instant est pour ma part magique. Je regarde avec inquiétude mon ordinateur, puis mon chef de palanquée, craignant déjà le signe de remontée. Mais Marco est rassuré, une fois n’est pas coutume, je n’ai pas trop consommé, et nous pouvons rester un peu plus dans cet endroit si joli. Nous irons jusqu’au bout du temps imparti au fond, je suis ravi. Le cœur serré, nous amorçons notre remontée. J’essaye de me gaver d’images jusqu’au dernier moment, pour ne rien oublier. Les colonnes de bulles lâchées par mes camarades tout autour forment une sort de cathédrale féerique.
Maintenant, je comprends pourquoi on plonge dans une eau si froide ! Arrivés à 10-12 mètres, nous lâchons le parachute pour effectuer le palier à 6 mètres. Nous ne voyons plus le fond, mais je me demande si je ne suis pas narcosé. Autour de nous, je crois voir des bébés tortues, même si je sais que ce n’est pas possible. Mais qu’est-ce qui tombe donc ? Nous nous approchons et c’est avec stupeur que nous découvrons une pluie de petits crabes. Nous ne savons d’où ils viennent, mais ils sont des centaines à descendre tranquillement vers le fond, agitant leurs petites pattes pour nager. Certains sont plus curieux et farouches que d’autres et viennent nous taquiner et nous jauger. C’est un moment incroyable et unique !
De retour sur le bateau, nous sommes tous enthousiastes et heureux. La plongée,ça fait vraiment rêver !
Le dernier soir est arrivé, nous essayons de nous réunir un minimum tous ensembles, un peu sur la plage, un peu autour des mobile-homes. La soirée est chaleureuse et arrosée, du moins pour certains. Nous aurons même le droit, alors que l’on y croyait plus, à un petit pot belge ! Dernière nuit dans le bassin, la tête remplie de belles images. Demain déjà, il faudra prendre la route. Le temps passe vite quand on s’amuse… Heureusement, nous avons prévu de faire un petit détour par les vignes du bordelais, pour nous consoler. En tout cas, vivement l’année prochaine et le week-end de l’ascension du Cam en 2015 !
Merci à tous les copains du club pour la bonne humeur, et surtout à Bruno qui nous a géré ce très bon séjour dans le sud-ouest.